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Interview de Bruno Fiévet, Directeur d’Armor Habitat, une société coopérative de production d’HLM située en Bretagne, dans les Côtes d’Armor, à Saint-Brieuc.
Maisons de Qualité : Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre activité et son fonctionnement ?
Bruno Fiévet : Armor Habitat, qui a été créé en 1951, développe un savoir-faire diversifié et propose des produits variés uniquement en accession à la propriété… Nous sommes à la fois lotisseurs, constructeurs de maisons individuelles, nous travaillons avec un contrat de construction, nous sommes « CCMistes »… nous faisons aussi du groupement d’habitations (terrain + maison) c’est-à-dire de la promotion sociale, de la promotion immobilière et de la prestation de services au bénéfice des particuliers ou des communes. Notre fonctionnement repose sur le principe coopératif, c’est-à-dire que nous avons recours au « portage de capital », chaque client est « coopérateur » et peut contribuer, s’il le souhaite, à la vie de notre entreprise. Le capital est porté à 67 % par nos coopérateurs et l’acquéreur dispose d’une part sociale de 16 €, ce qui lui donne la possibilité de participer à notre Assemblée Générale à laquelle assiste tous les ans une centaine de personnes. Armor Habitat et Maisons de Qualité ont certains points communs dans leur mode de fonctionnement, notamment l’implication et la prise en considération des familles…
Maisons de Qualité : Des familles avec lesquelles vous êtes visiblement très proches tout au long de la construction de leur maison... ?
Bruno Fiévet : Effectivement, nous avons mis en place cinq rendez-vous avec nos clients qui, chez Armor Habitat, n’ont pas de « double » loyers à supporter pendant la construction de leur maison puisqu’ils commencent à payer à la réception ! Cette singularité liée à un capital relativement important permet de soulager les familles modestes qui restent notre cœur de cible. Le premier rendez-vous fixé avec le client, c’est une rencontre avec un technicien qui a lieu dès la signature du contrat… c’est un passage officiel du dossier entre le commercial et le conducteur de travaux qui balaye à nouveau le projet avec l’acquéreur pour éviter les oublis ou les incompréhensions. La deuxième rencontre a lieu lors de l’implantation de la maison, avec le gros œuvre. On remet ce jour là au client la liste des entreprises avec lesquelles il pourra échanger s’il souhaite faire des petites modifications d’ordre électrique ou dans le choix du carrelage… Le troisième rendez-vous, c’est celui du « plâtre achevé » qui permet de faire le tour de la construction avec l’acquéreur qui commence alors à bien comprendre le dimensionnement de sa maison. Le conducteur de travaux écoute le client et prend note de ses observations. Quatrième temps fort, c’est la pré-réception. Quinze jours avant la réception, nous organisons une pré-réception avec toutes les entreprises, le conducteur de travaux et le client. Cette rencontre permet à nos sous-traitants de mieux apprécier la relation que nous entretenons avec nos clients… Parfois les entreprises banalisent et ne comprennent pas toujours les remarques ou le mécontentement des clients. Lors de ce rendez-vous, chacun est mis face à ses responsabilités et le client peut s’exprimer sans intermédiaire. La cinquième et dernière rencontre, c’est bien sûr la réception du logement qui se fait sans les entreprises mais en présence du conducteur de travaux et du commercial qui fait son retour auprès des acquéreurs… Nous avons actuellement très peu de « SAV », sur une moyenne de 70 maisons par an, notre taux de réception sans réserve de l’ordre de 99 %... Ce qui nous permet de mesurer l’importance de ces rendez-vous et la qualité du service que nous offrons à nos clients. Lors de l’enquête de satisfaction réalisée par l’Association Maisons de Qualité en septembre, "98 % des clients Armor Habitat recommanderaient Armor Habitat à leurs proches ou leur entourage"
Maisons de Qualité : Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Bruno Fiévet : Nous sommes en train de multiplier nos points d’ancrage sur la Bretagne afin de pouvoir intervenir sur les quatre départements bretons et proposer une activité « CCMiste » sur l’ensemble de la Bretagne pour amortir un peu nos coûts d’exploitation. Nous avons déjà réuni trois autres coopératives autour de nous : une à Quimper qui travaille avec un contrat de construction, une à Lorient et une autre à Rennes. Ce projet devrait voir le jour tranquillement… |
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